dimanche 14 juin 2020

Face aux accusations de racisme et de violences dans la Police...



Il ne s'agit nullement de convaincre coûte que coûte mais surtout de ne pas laisser piétiner une profession déjà suffisamment exposée au quotidien. 

Le racisme et la violence ne sont pas apparues récemment, ils existent depuis la nuit des temps parce que l'Homme est fait de chair et de sang et que depuis son apparition sur Terre, il tente d'évoluer en fonction de son environnement et de son expérience. Vous trouverez donc des personnes racistes et des personnes violentes dans la Police comme dans toutes les catégories socio-professionnelles, aucun ne le niera. Ce qui nous paraît le plus important, c'est que de tels comportements ne soient pas relevées dans l'exercice de notre fonction, cela contreviendrait aux principes de base qui nous régissent et nous animent, ne servirait ni leurs auteurs, ni la corporation

Paradoxalement, ces reproches faits à la Police contemporaine, étaient sans doute d'usage plus fréquent à une autre époque, pas si lointaine, mais leur dénonciation n'était soit pas écoutée soit pas entendue. Au XXIème siècle, les femmes et les hommes qui composent les forces de l'ordre sont souvent originaires d'autres pays européens et parfois d'autres continents, et ont tous intégré ce principe, alors que s'est-il passé pour en arriver aujourd'hui à ces incriminations ?

Le métier n'a pas forcément changé, il y a toujours des manifs, pacifiques ou pas, des accidents, de la route ou domestiques, des violences, des différents, de voisinage ou familiaux, des agressions physiques, morales, sexuelles, des vols, des cambriolages, des escroqueries, des crimes, des suicides, des actes de barbaries... mais les conditions dans lesquelles il se réalise ne sont plus celles d'antan. Pour assurer ces mêmes missions, il faut désormais aux policiers se protéger et anticiper davantage les réactions parce que les personnes interpellées ne supportent et n'assument plus leur mise en cause, la faute à qui ?

Depuis de longues décennies, les politiques gouvernementales successives se sont contrariées, elles empruntaient une direction puis l'abandonnaient, faute de résultats probants ou d'efficacité. Le fossé s'est accentué peu à peu alors que dans le même temps les aides matérielles n'ont jamais été aussi variées et proposées à plus de bénéficiaires encore. La Société a également fait sa mutation, on est devenu mondialisé, chacun exigeant le meilleur sans se soucier des conséquences sociales, économiques et environnementales. On croyait pouvoir tout s'offrir sans peine mais la réalité s'est heurtée à nos fantasmes. Le terrorisme est revenu sur le devant de la scène en 2015, nous rappelant que le contexte mondial est belliqueux même si à cette époque la Police a rencontré un accueil très amical de la part de la population qui appréciait sa protection. Le contexte économique a poussé les politiques à réformer en 2015/16 (loi travail) mais la rue n'a pas accepté. Le face à face a commencé à être plus violent qu'à l’accoutumée, en manifs et dans les banlieues, exposant de plus en plus les forces de l'ordre aux blessures graves jusqu'à faire naître un peu partout en France, des associations de policiers en colère contre la passivité de leurs dirigeants et celle de leurs représentants. 

Le désarroi fut tel parmi les français que la présidentielle 2017 fut remportée par quelqu'un qui n'était issu d'aucun parti et qui pour l'occasion en créa un, supposé ni de droite ni de gauche. Mais l'espoir incarné par le jeune président fut douché par les annonces de réformes qu'une partie de la population n'acceptait pas et que l'autre espérait utile. Le mouvement dit "Gilets Jaunes" trouvait son origine début 2018 avec l'opposition à la limitation des 80km/h au lieu de 90 puis prenait corps à l'automne avec le ras le bol de l'augmentation du carburant à la pompe..... Sous estimé d'emblée, il a montré la vraie fracture qui existait entre les français. Des groupuscules déchaînés et haineux, des associations et collectifs communautaristes ont intégré les cortèges avec l'assentiment de participants parfois radicalisés eux-mêmes et rapidement les samedis sont devenus des journées de violences et d'exactions. En face, le pouvoir n'a pas voulu apporter de réponse politique et la confrontation s'est installée de longs mois nécessitant un turn over des services engagés et l'intervention de forces de l'ordre souvent non spécialisées dans le maintien de l'ordre, apportant son lot de blessures graves de part et d'autre des barricades. L'image de notre boutique en a été ternie durablement. 

Puis le cours normal des événements a repris dès la mi-mai 2019. Il restait encore 3 ans au président et à son gouvernement pour poursuivre ses réformes, ce fut au tour de celle des systèmes de retraites présentée en juin. Dans ces conditions propices, la rentrée sociale n'a pas déçu et a de nouveau fait descendre dans la rue nombre de nos concitoyens ainsi que la Police qui perdait là des acquis obtenus de longue date pour des motifs présentement encore légitimes. Une crise sanitaire plus tard, les tensions n'ont pas disparu et sont encore loin d'être effacées après la mort de George Floyd le 20 mai 2020 aux USA où violences et racisme se sont conjugués. Les associations communautaristes françaises ont profité de l'opportunité pour occuper la tribune offerte, tentant éhontément un parallèle avec une affaire datant de 2016 et ont organisé dès le 2 juin un premier rassemblement d'envergure devant le TGI de Paris pour fédérer sur le sujet, la plupart du temps un jeune public comme un public et des partis politique acquis à leur cause (LFI, PCF,...). Ensuite vint le temps du barnum médiatique où médias, show business, débats, reportages, témoignages, nourrissaient le "police bashing" tandis que la défense et le soutien de la boutique et de son personnel tardaient...

Le coup de poignard n'arriva pas de nos opposants traditionnels mais du ministre de l’intérieur en personne dont on peut supposer qu'il était sous pression et invité à agir rapidement pour calmer la rue. Ce lundi 8 juin 2020, Christophe Castaner a donc déclaré en conférence de presse qu'il allait "...interdire la technique d'interpellation dite de l'étranglement et demander à ce qu'une suspension soit automatiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d'actes ou de propos racistes..."  

La réaction fut immédiate, tout policier français s'est senti pris pour Derek Chauvin et a estimé que les interpellations à venir s'annonçaient autant délicates à réaliser qu'à justifier. Comment réagir autrement qu'en manifestant notre opposition à la soumission de l'autorité de l'Etat à quelques dangereux leaders d'opinion ?? Pour illustrer l'origine de la mobilisation, le monde des Bisounours et des Licornes est apparu évident aux yeux des collègues confrontés à des contradicteurs qui ne connaissent et ne soupçonnent  certainement pas la dangerosité du métier de policier, la confondant avec un monde merveilleux et magique mais imaginaire...