jeudi 21 mai 2020

Billet d'humeur ...ou Billet de condamnations

[Publication du 21 mai 2020 sur notre page Facebook ]



🌀🌀 Coupables !!🌀🌀



Coup sur coup, la justice vient de rendre des verdicts dont le degré à l'encontre des prévenus concernés était d'une sévérité inhabituelle. Du moins selon des observateurs particulièrement choqués, s'agissant de la qualité des prévenus concernés. Inhabituelle, effectivement, sachant qu'en l’occurrence, les condamnés étaient des effectifs de police auxquels il était reproché d'avoir commis des délits graves dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions.


Nous ne saurions aller plus loin dans l'analyse des faits reprochés pour la simple raison que nous ne connaissons pas les détails des affaires et procédures en question. Mais une chose paraît évidente, les niveaux des condamnations prononcées sont loin d'être complaisantes et elles ont considéré que la qualité des auteurs justifiait la rigueur des peines prononcées.

La justice, supposée être indépendante (...) nous ne nous risquerons pas à en dénoncer des abus éventuels.


Pour autant, il paraît symptomatique que la justice ne donnera certainement pas un blanc-seing à une institution dont les autorités de tutelle ou de commandement ont pu donner l'impression que désormais, sous leur égide, tout était permis.

Nous n'avons eu de cesse, au travers de nos publications, d'alerter celles et ceux qui se croiraient tout permis, qu'ils seront seuls à la barre des mis en cause en cas de dérapage ou de délit caractérisés. Rien ne saurait justifier, d'une manière ou d'une autre, qu'un policier, un représentant de la loi, ne s'écarte des cadres stricts de l'exercice de sa mission.

Nous alertons, et réitérons, ce que nous avons maintes fois répété, que seule la responsabilité individuelle des contrevenants à ces règles immuables sera toujours retenue.

Nous regrettons que des individualités, des électrons libres, aient, par leur attitude, jeté le discrédit sur le plus grand nombre qui a dû faire face à la rigueur et la difficulté de confrontations sociales inédites dans leur durée, par exemple au travers des manifs des gilets jaunes.


Il a été évident que les forces de l'ordre, dans leur ensemble, ont été mises en configuration de se confronter de manière brutale à des manifestations qui autrefois n'auraient jamais donné lieu à de tels déferlements de violences. A un nombre disproportionné de blessures gravissimes. De ce point de vue, la responsabilité des donneurs d'ordre, politiques ou administratifs, est évidente. Il est paru évident que l'objectif était le discrédit de tous mouvements sociaux quels qu'en soient les motivations. Et pour cela, laisser dégénérer les manifestations faisait partie intégrante des dispositifs de communication.


Comment une opinion publique pourrait-elle soutenir des mouvements sociaux occasionnant systématiquement des débordements d'une violence inégalée ?
C'est une tactique vieille comme le monde mais qui a depuis longtemps fait ses preuves.

Dans ce cadre, l'instrumentalisation des forces de l'ordre et notamment de la police nationale ont servi la communication gouvernementale, au point de réduire le débat social sur un seul axe, violences policières contre expression populaire. Avec, au passage, le soutien au gouvernement, d'organisations syndicales qui ont réduit leur analyse au plus court. En se contentant de dénoncer les violences visibles, mais malheureusement sans se préoccuper de savoir qui avait bien intérêt à créer ce chaos perpétuel. Sans s'interroger sur ce que pouvait y perdre une police que les pouvoirs publics laisseront tomber et sacrifieront le moment venu.


La police ne fait partie "d'un camp". Ça, c'est le choix politique du préfet de police Lallement. Elle est au service de la société dans son ensemble, que cela plaise ou pas. Le rôle des organisations syndicales est de protéger les membres de leurs corporations, et plus généralement le service public auquel ils appartiennent indissolublement. Cette protection passe par la dénonciation de politiques allant à contresens des intérêts de leurs adhérents mais aussi, et surtout, à l'encontre de la philosophie naturelle de leur mission régalienne. S'en écarter est un danger mortel.

Elles doivent anticiper les conséquences inéluctables d'une politique au doigt mouillé, strictement guidée par des intérêts politiciens. Et ne pas se contenter de jouer les commentateurs outrés sur des plateaux de télévision complaisants au pouvoir.


La conséquence de cet alignement politique risque d'être un retour de bâton, à la fois politique et judiciaire, car les magistrats ne se laisseront pas dicter le sens de leurs décisions par le diktat politico-médiatique. Les condamnations prononcées, et peut-être celles à venir, ne manqueront pas de rappeler aux oublieux qu'il y a toujours un revers à la médaille.


La complaisance des leaders syndicaux envers les décisionnaires politiques ne sert absolument pas les intérêts d'adhérents ou d'agents de terrain. Ceux-là paieront toujours les pots cassés, d'une manière ou d'une autre. Les condamnations à venir seront les réponses à cet alignement stupide et à courte vue. Nous souhaitons, par contre, que sur les bancs des accusés prennent place les donneurs d'ordre, préfets ou directeurs qui auront exposé leurs agents de façon inconsidérée.


Il serait trop réducteur de laisser condamner ceux que l'on a exposés inutilement, ou dont on aura utilisé une naïveté coupable. La responsabilité de l'acte individuel ne saurait exonérer celle d'une hiérarchie déresponsabilisée.


Que chacun de nous, représentants de la force publique, en ait conscience et médite ce message.